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Note Globale : 7.4
Support : Xbox
Ecrit le : 24/09/2004 à 21:49
Engagez-vous, qu’ils disaient. Full Spectrum Warrior vous propose d’endosser pendant 24 heures l’uniforme d’un soldat américain et de le remplacer pendant des opérations militaires en milieu urbain dans un pays du Moyen Orient, le Zekistan. Ne cherchez pas dans l’atlas, c’est un pays imaginaire. Vous aurez donc à effectuer les mêmes actions qu’un soldat lambda, car le jeu de Pandemic Studios se veut avant tout réaliste et veut vous montrer comment un soldat envoyé sur le terrain doit réagir. Nous allons voir tout de suite si cela peut vous plaire.
Leçon d’histoire
Le scénario de Full Spectrum Warrior pourrait tenir sur deux lignes, et pourtant, il est très riche. Oui mais voilà, c’est une copie presque conforme de l’histoire de Ben Laden mélangée à un soupçon de Sadam Hussein. Celui qui incarne l’axe du mal dans le jeu, Al Afad, tyrannise les habitants du Zekistan, pays fictif mais néanmoins voisin de l’Afghanistan, en imposant une dictature islamiste intégriste. D’autre part, il soutient le terrorisme contre les intérêts américains et britanniques. Il a également la caractéristique d’avoir été aidé par la CIA lors de la guerre froide pour empêcher la progression du communisme, puis il a été laissé en plan avec toutes ses armes. Cela ne vous rappelle rien ? Bref, les USA, en bon gendarme du monde, décident d’intervenir dans le pays sous l’égide de l’OTAN.
C’est dans ce contexte qu’intervient votre équipe d’infanterie légère qui est spécialisée dans les opérations militaires en milieu urbain (M.O.U.T.). Elle comprend quatre soldats ayant chacun leur spécialité (un chef d’équipe, deux fusiliers et un grenadier).
Un gameplay au poil
FSW n’est pas un enième FPS. Ce n’est pas non plus un jeu à la Rainbow Six de plus. Non, FSW est un jeu de tactique pure, voire de réflexion, se rapprochant dans un registre très différent du célèbre Commandos de Pyro Studios. En fait, le but dans FSW n’est pas d’éliminer vos ennemis grâce à votre précision au tir, mais de savoir déplacer vos équipes d’un point à l’autre grâce aux conseils tactiques qui vous seront dispensés lors du très long tutorial M.O.U.T. Vous apprendrez alors à ne déplacer une équipe que lorsque l’autre la couvre, à déplacer vos soldats deux par deux, les deux derniers couvrant les deux premiers, et toutes les autres principes de survie des soldats. Ces principes seront nécessaires pour avancer dans le jeu, car la difficulté est assez importante.
La vue dans FSW est à la troisième personne, ou devrais-je dire, à la quatrième personne. En effet, vous dirigerez en même temps une équipe de quatre soldats (et vous aurez jusqu’à trois équipes à la fois). La vue est placée à la troisième personne au-dessus du chef d’équipe généralement, mais vous pourrez alterner aisément entre les quatre soldats. Pour tirer dans FSW, vous n’aurez pas à viser (sauf pour les grenades), vous aurez simplement à indiquer à votre équipe la direction dans laquelle tirer, sachant qu’ils riposteront de façon automatique à tout tir s’ils sont à découvert. Vous aurez à votre disposition deux types de tir : le tir précis qui permet d’éliminer les cibles à découvert et d’engager les ennemis à couvert, ou le tir de suppression qui consiste à vider son chargeur pour clouer les ennemis (c'est-à-dire qu’ils ne peuvent pas riposter).
Tirez la couverture à vous
Le maître mot du jeu est la couverture. C’est ce qui vous sera rabâché lors du tutorial. On vous apprendra alors à ne jamais placer votre équipe à découvert, et à déplacer votre équipe uniquement d’abri en abri. Pour cela, le curseur de déplacement vous aidera à trouver les coins abrités, grâce à un changement en fonction du point d’arrivée choisi. Il vous indiquera la formation que vos soldats adopteront. L’idéal étant bien sûr de se déplacer de coin d’immeuble en coin d’immeuble, ce qui permettra à votre chef d’équipe de jeter un œil discret de l’autre côté de la rue, tout en restant à couvert. Mais vous pourrez également utiliser les véhicules pour vous abriter, les débris, et même tous les objets possibles et imaginables jusqu’au vulgaire canapé (et oui on trouve des canapés au beau milieu des rues du Zekistan, quel drôle de pays). Mais ce qui m’amène à vous parler des canapés, c’est que les objets pour vous cacher dans le jeu n’ont pas tous la même efficacité. Vous comprendrez donc rapidement qu’il vaut mieux choisir un mur qu’un canapé. Afin de vous aider un peu à savoir si vous êtes à couvert ou pas, le jeu placera sur vos soldats un petit bouclier, qui diminuera petit à petit si vous êtes derrière une couverture destructible.
Le seul défaut de ce gameplay est le comportement de la caméra. C’est un peu un leitmotiv dans les jeux en 3D, mais ici, comme le déplacement des troupes est un point crucial du jeu, cela en devient assez pénible. En effet, il est assez difficile de déplacer la caméra pour voir au-dessus des obstacles, car elle est fixée sur les soldats et ne peux pas beaucoup bouger. D’autre part, le curseur de mouvement ne peut pas traverser les obstacles (ce qui peut paraître logique), mais cela rend les déplacements à travers les obstacles assez pénibles.
Le jeu étant très tactique et stratégique, les ennemis ont volontairement été placés de façon méthodique (ils sont toujours au même endroit) et bougent assez peu (en mode sergent). Par contre, ils vont quand même changer de couverture si vous avancez vers eux, ou vous attendre si vous choisissez d’y aller à découvert. Cela dépendra du niveau de difficulté du jeu. Si vous jouez en mode Sergent, vous les trouverez complètement débiles, se mettant très souvent à découvert. Par contre, au fur et à mesure du jeu, ils deviendront plus fourbes et ne se découvriront que très rarement. Pour vous aider, le jeu placera sur les ennemis des indicateurs pour montrer si les ennemis sont à couvert, leur attitude actuelle (s’ils sont engagés ou cloués par exemple). Ces indicateurs sont cruciaux, car un ennemi cloué ou engagé par une équipe signifie que l’autre équipe peut se déplacer sans problème jusqu’à un autre point de couverture ou alors faire le tour du bâtiment pour prendre l’ennemi à revers.
Un arsenal réduit
La panoplie des armes proposées dans Full Spectrum Warrior est totalement réaliste et donc en conséquence assez limitée. Vous aurez un M4 porté par le fusilier, un M249 porté par le mitrailleur et un M203 porté par le grenadier. Le chef d’équipe, quant à lui, disposera en plus d’un fusil, du GPS et de la radio. Vos quatre soldats auront également à leur disposition quelques grenades à fragmentation (M67) et fumigènes pour agrémenter le tout. Comme vous l’avez sans doute compris avec les paragraphes précédents, vous n’aurez pas la possibilité de tirer vous-même avec ces armes, mis à part le M203 et les grenades. Les grenades fumigènes seront d’ailleurs vos principales alliées dans les moments difficiles, puisque vous pourrez ainsi vous déplacer à découvert alors que vos ennemis resteront comme des cons à attendre que la fumée se dissipe (en général).
La gestion des munitions est entièrement automatisée, et vous entendrez simplement vos soldats dire qu’ils rechargent leur fusil. Pour ce qui est des grenades et du M203, vous aurez un nombre de grenade par mission. Il ne faudra donc pas les gaspiller. Pour les munitions des fusils, la quantité restante pour le groupe de 4 soldats est indiquée par un pourcentage, et vous pourrez recharger dans les postes de secours. Puisque l’on parle des postes de secours, ils serviront également à soigner vos blessés, enfin votre blessé devrais-je dire, puisque vous n’aurez droit qu’à un seul blessé dans votre équipe. Au-delà, ce sera le game over assuré. Et si un membre de votre équipe se fait toucher, vous devrez absolument le récupérer le plus vite possible afin de lui administrer les premiers soins, sans quoi il mourra sur le terrain (ce qui occasionne également un game over). Le droit à l’erreur est donc très limité dans le jeu, et vous devrez veiller scrupuleusement à la santé de vos soldats.
Un niveau technique à la hauteur
Le rendu général du jeu fait un peu penser au type PC, avec des textures assez fines et précises, mais un environnement au final assez vide et répétitif. Ne vous inquiétez cependant pas, le jeu est quand même assez joli à voir, mais c’est un peu comme se déplacer dans Bagdad en période de guerre : à part des carcasses de voitures et des immeubles à moitié détruits, vous ne verrez pas grand-chose d’autre (à part des canapés au milieu des rues). Cela est d’autant plus frappant qu’il n’y a qu’un seul environnement de jeu (vous allez couvrir 24h de la vie de vos soldats). Alors même si on voit des bâtiments assez originaux, la recherche graphique est tout de même particulièrement absente de ce jeu.
Pour agrémenter le tout, les développeurs ont tout de même soigné les cinématiques (réalisées avec le moteur du jeu) et les animations des soldats touchées qui sont filmées au ralenti. Les mouvements des soldats et leur modélisation sont vraiment parfaites et superbes à voir. Le niveau sonore du jeu est de bonne facture, avec beaucoup de dialogues (en VO sous-titrés) et des musiques classiques qui collent parfaitement à l’ambiance du jeu (même si elles sont un peu répétitives).
Pour aller plus loin
Full Spectrum Warrior propose un mode multijoueur qui consiste en un mode coopération jouable sur Xbox Live. Les options traditionnelles du Xbox Live sont là (Optimatch, Quickmatch), mais avec aucune option évoluée (comme par exemple le choix de la langue). Le jeu est assez fluide sur Xbox Live, ce qui est toujours bon à prendre. Par contre, l’intérêt est tout de même assez limité, du fait que seul un mode coopératif est disponible. Cela me fait penser un peu à Steel Battalion Online (Line of Contact) où il était assez difficile de coopérer avec d’autres joueurs étant donné la difficulté du jeu. Ajoutez à cela la barrière de la langue (même en comprenant bien l’anglais, il est toujours difficile de comprendre un joueur qui hurle sous le feu de ses adversaires). Reste que le mode coopération est tout de même un très bon moyen de découvrir un jeu à deux, et cela décuple souvent l’intérêt du jeu. Aussi on aurait bien aimé pourvoir y jouer hors Xbox Live, ce qui n’est malheureusement pas possible dans Full Spectrum Warrior.
Du côté des bonus, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent avec FSW. Tout au plus aurez vous droit aux ralentis sauvegardés (il s’agit en fait des replays des missions effectuées) ainsi que diverses vidéos débloquées au cours du jeu. Rien de bien folichon en fait, et c’est ce qui ressort au final de ce jeu. Les développeurs se sont contentés de fournir un gameplay huilé et il est vrai assez jouissif pour les amateurs de jeux de guerre tactiques, mais pour l’emballage, ils se sont contentés du strict minimum, ce qui diminue considérablement la durée de vie, à moins de vouloir faire le jeu dans tous les niveaux de difficulté.